1-1. Origine du nom

L’origine du nom Blouin et son évolution

Ah! si Emeri avait su lire et écrire, il aurait sûrement voyagé de surprises en surprises, voyant ce que tous ces gens d’ici avaient fait de son nom de famille. Il ne devait même pas être en mesure d’épeler correctement son propre nom lors de son arrivée en Nouvelle-France!

C’est ainsi que notre ancêtre traverse l’Atlantique en direction de la Nouvelle-France sous le nom Emeri Bellouin. Mais dès son arrivée on ne tarde pas à lui attribuer divers prénoms et noms. En 1664, lors d’un acte notarié scellant un emprunt de sa part, le notaire Pierre Duquet le désigne comme « Mery Beloing ». Puis en 1667, lorsque Mgr de Laval lui accorde une concession, le notaire Paul Vachon inscrit « Mery Bellouin ». Son contrat de mariage, au début de novembre 1669, mentionne lui aussi « Mery Bellouin » alors qu’à la fin de ce même mois, le prêtre officiant la cérémonie du mariage emploie « Merry Besloüin ». Emeri décède le 14 juillet 1707 à l’âge de 67 ans, prétendument sous la dénomination de « Méry Bloing ». Voilà bien des prénoms et des noms pour un seul homme et cette courte énumération n’en couvre qu’une partie.

À l’époque de notre ancêtre Emeri, le patronyme Blouin n’était pas encore utilisé, ici, en Nouvelle-France. Mais du côté de la France, il existait diverses désignations comprenant les Bellouin et les Blouin. Ainsi une simple consultation des Archives départementales françaises pour la grande commune de Poitiers, située à proximité de Saint-Pierre d’Étusson, village natal d’Emeri, nous apprend qu’une dizaine de patronymes apparentés étaient utilisés pour désigner les Bellouin et les Blouin.

Le site Web français www.genealogie.com (1) nous fournit une information judicieuse au sujet de l’origine de ces patronymes :

Bellouin est un nom de famille dérivé du nom de personne d’origine germanique biliwin, issu de la racine bili qui signifie aimable, doux et win qui signifie ami, surnom d’homme aimable…

Blouin est un nom de famille dérivé de l’ancien français blou, bleu, sobriquet désignant un homme au teint pâle, blafard.

Les autres patronymes apparentés aux deux précédents semblent bien plus être des dérivés, des contractions comme cela se voit souvent. Cette influence germanique dont il est question ici se retrouve dans bien des patronymes français.

Mais les autres grandes banques s’intéressant aux noms de famille (MesAïeux, La Mémoire du Québec, Généanet pour ne nommer que celles-là) ne semblent vraiment pas faire de différence entre les origines des patronymes Bellouin et Blouin et se réfèrent à l’origine germanique. On fait même découler Blouin de Bellouin ou Beloin.

Toutefois, il nous faut constater qu’ici, au Québec, le nom de famille Blouin est bien plus courant.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le nom Blouin est 32 fois plus usuel que celui de Beloin (Bellouin n’étant même pas présent dans les statistiques fournies) (2). C’est donc d’abord à partir de ce patronyme Blouin que les descendants d’Emeri et de Marie Carreau sont connus aujourd’hui. C’est aussi ce qui explique la raison pour laquelle l’Association des Blouin d’Amérique a choisi d’opérer sous l’appellation « Blouin », malgré le patronyme connu de son ancêtre et la variété des patronymes de sa descendance. Cette situation est la même dans le cas de plusieurs autres familles québécoises.

Au fil du temps, les différents glissements, ici au Québec, de Bellouin vers Blouin, en particulier, ne reposent pas sur une raison unique pour toutes les branches de notre grande famille. Il ne s’agit pas simplement d’une question de goût personnel. Il faut aussi chercher du côté de notre contexte socio historique. La plupart des gens ne savaient ni lire, ni écrire. Même les gens instruits (prêtres, notaires, arpenteurs) écrivaient tous ces patronymes au mieux de leur connaissance, voire même de ce qu’ils croyaient entendre, plusieurs souffrant de surdité plus ou moins grave. Notons également les nombreuses variantes phonétiques du patois de leur région d’origine. Ne sachant ni lire, ni écrire, la personne dont le nom était modifié dans le cadre d’un document ne pouvait donc s’en offusquer ou faire contestation. Au surplus rien ne forçait l’uniformisation de l’identité de la personne comme aujourd’hui; aucun niveau de gouvernement ne légiférait vraiment cette question. Avec tous les services gouvernementaux qui sont offerts de nos jours, on ne peut être connu que par un seul nom de famille. Il en est de même aussi pour la bonne marche des relations entre les individus, particulièrement au chapitre du commerce. À la deuxième génération, l’uniformité du nom n’est pas encore gagnée pour ceux qui engendreront la descendance patriarcale. Ainsi, par exemple, Jean (1672) fut baptisé Belloin, Jacques (1676) comme Belouyn, Gabriel (1691) comme Bloing et Paul (1699) comme Beloing. Mais l’étude de quelques actes de mariage nous montre que déjà le passage à Blouin était en voie de s’opérer. Les actes de mariage en deuxième et troisième noces de Jean mentionnent Jean Blouin; Jacques en deuxième noce épouse Geneviève Plante et l’acte de mariage le désigne comme Jacques Bloüin ou Blouin (l’écriture de l’acte pose une certaine ambiguïté). À la troisième génération, certains commencent donc à signer comme Blouin ou Bloüin. Que s’est-il passé à ce moment-là pour que ceux qui allaient assurer la suite d’Emeri et de Marie fassent ce glissement vers Blouin? Voilà ce qui fut le début, ici, en Nouvelle-France, de l’utilisation du patronyme Blouin.

C’est ainsi que notre ancêtre traverse l’Atlantique en direction de la Nouvelle-France sous le nom Emeri Bellouin. Mais dès son arrivée on ne tarde pas à lui attribuer divers prénoms et noms. En 1664, lors d’un acte notarié scellant un emprunt de sa part, le notaire Pierre Duquet le désigne comme « Mery Beloing ». Puis en 1667, lorsque Mgr de Laval lui accorde une concession, le notaire Paul Vachon inscrit « Mery Bellouin ». Son contrat de mariage, au début de novembre 1669, mentionne lui aussi « Mery Bellouin » alors qu’à la fin de ce même mois, le prêtre officiant la cérémonie du mariage emploie « Merry Besloüin ». Emeri décède le 14 juillet 1707 à l’âge de 67 ans, prétendument sous la dénomination de « Méry Bloing ». Voilà bien des prénoms et des noms pour un seul homme et cette courte énumération n’en couvre qu’une partie.

À l’époque de notre ancêtre Emeri, le patronyme Blouin n’était pas encore utilisé, ici, en Nouvelle-France. Mais du côté de la France, il existait diverses désignations comprenant les Bellouin et les Blouin. Ainsi une simple consultation des Archives départementales françaises pour la grande commune de Poitiers, située à proximité de Saint-Pierre d’Étusson, village natal d’Emeri, nous apprend qu’une dizaine de patronymes apparentés étaient utilisés pour désigner les Bellouin et les Blouin.

Le site Web français www.genealogie.com (1) nous fournit une information judicieuse au sujet de l’origine de ces patronymes :

  • Bellouin est un nom de famille dérivé du nom de personne d’origine germanique biliwin, issu de la racine bili qui signifie aimable, doux et win qui signifie ami, surnom d’homme aimable…
  • Blouin est un nom de famille dérivé de l’ancien français blou, bleu, sobriquet désignant un homme au teint pâle, blafard.

Les autres patronymes apparentés aux deux précédents semblent être plutôt des dérivés, des contractions comme cela se voient souvent. L’influence germanique dont il est question ici se retrouve dans plusieurs patronymes français.

Mais les autres grandes banques s’intéressant aux noms de famille (MesAïeux, La Mémoire du Québec, Généanet pour ne nommer que celles-là) ne semblent vraiment pas faire de différence entre les origines des patronymes Bellouin et Blouin et se réfèrent à l’origine germanique. On fait même découler Blouin de Bellouin ou Beloin.

Toutefois, il nous faut constater qu’ici, au Québec, le nom de famille Blouin est bien plus courant. 

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le nom Blouin est 32 fois plus usuel que celui de Beloin (Bellouin n’étant même pas présent dans les statistiques fournies) (2). C’est donc d’abord à partir de ce patronyme Blouin que les descendants d’Emeri et de Marie Carreau sont connus aujourd’hui. C’est aussi ce qui explique la raison pour laquelle l’Association des Blouin d’Amérique a choisi d’opérer sous l’appellation « Blouin », malgré le patronyme connu de son ancêtre et la variété des patronymes de sa descendance. Cette situation est la même dans le cas de plusieurs autres familles québécoises.

Au fil du temps, les différents glissements, ici au Québec, de Bellouin vers Blouin, en particulier, ne reposent pas sur une raison unique pour toutes les branches de notre grande famille. Il ne s’agit pas simplement d’une question de goût personnel. Il faut aussi chercher du côté de notre contexte sociohistorique. La plupart des gens ne savaient ni lire, ni écrire. Même les gens instruits (prêtres, notaires, arpenteurs) écrivaient tous ces patronymes au mieux de leur connaissance, voire même de ce qu’ils croyaient entendre, plusieurs souffrant de surdité plus ou moins grave. Notons également les nombreuses variantes phonétiques du patois de leur région d’origine. Ne sachant ni lire, ni écrire, la personne dont le nom était modifié dans le cadre d’un document ne pouvait donc s’en offusquer ou le contester. Au surplus, rien ne forçait l’uniformisation de l’identité de la personne comme aujourd’hui; aucun niveau de gouvernement ne légiférait vraiment cette question. Avec tous les services gouvernementaux offerts de nos jours, on ne peut être connu que par un seul nom de famille. Il en est de même pour la bonne marche des relations entre les individus, particulièrement au chapitre du commerce.

À la deuxième génération, l’uniformité du nom n’est pas encore gagnée pour ceux qui engendreront la descendance patriarcale. Ainsi, par exemple, Jean (1672) fut baptisé Belloin, Jacques (1676) comme Belouyn, Gabriel (1691) comme Bloing et Paul (1699) comme Beloing. Mais l’étude de quelques actes de mariage nous montre que déjà le passage à Blouin était en voie de s’opérer. Les actes de mariage en secondes et troisièmes noces de Jean mentionnent Jean Blouin; Jacques en secondes noces épouse Geneviève Plante et l’acte de mariage le désigne comme Jacques Bloüin ou Blouin (l’écriture de l’acte pose une certaine ambiguïté). À la troisième génération, certains commencent donc à signer comme Blouin ou Bloüin. Que s’est-il passé à ce moment-là pour que ceux qui allaient assurer la suite d’Emeri et de Marie opèrent ce glissement vers Blouin? Voilà ce qui fut le début, ici, en Nouvelle-France, de l’utilisation du patronyme Blouin.

Ce mouvement vers Blouin va persévérer au travers des différentes branches de la descendance d’Emeri, certains même passant de Beloin à Blouin sur le tard. Mais n’oublions jamais que nous sommes des descendants de Bellouin!

Enfin, même si Pierre-Georges Roy (3) et le révérend père Archange Godbout (4) ont mentionné dans leurs écrits que notre ancêtre signait « Mery Bellouin », soulignons que nous n’avons jamais trouvé trace de sa signature dans les nombreux actes civils, religieux ou légaux consultés. Quant au prénom « Mery », il s’agit certainement d’un diminutif, forme de surnom, d’Emeri.


  1. Ce site présente de l’information mise en commun par les différentes associations françaises de généalogie.
  2. Source : tableau intitulé « Les 5 000 premiers noms de famille par ordre alphabétique, Québec » présenté sur le site Web de l’ISQ et tiré de Louis Duchesne, Les noms de famille au Québec, aspects statistiques et distribution spatiale, Institut de la statistique du Québec, 2006.
  3. Recherches historiques, Bulletin d’archéologie, d’histoire, de biographie, de bibliographie, de numismatique, etc.. etc., publié par Pierre-Georges Roy, Volume quinzième, Lévis, 1909, p. 24.
  4. Texte du révérend père Archange Godbout « Nos Ancêtres Au XVIIe Siècle (Suite) » tiré de : Secrétariat de la province, Rapport de l’Archiviste de la province de Québec pour 1957-1958 et 1958-1959, Redempti Paradis Imprimeur de Sa Majesté la Reine, p. 409.

Dernière version : 2015-05