11. Décès et sépulture

Décès et sépulture d’Emeri et de Marie

Qui de nous a prévu de faire célébrer des messes pour le repos de son âme, par un testament ou par une fondation?

Après vérification, plusieurs vont constater qu’encore aujourd’hui, plusieurs parents font dire des messes pour le repos de leur âme. C’est un autre héritage de nos ancêtres car eux, ils y avaient pensé. En effet, un acte notarié nous informe que le 30 octobre 1699, ils ont payé une fondation à perpétuité de deux messes basses; la première, célébrée le 14 août, veille de l’Assomption, et la seconde le 24 décembre, veille de la Nativité. Pour la somme importante de 60 livres, nos aïeux s’inscrivent dans le contexte religieux du temps et nous démontrent une foi inébranlable.

Voici la transcription du document dans l’orthographe de l’époque réalisée par M. André Lafontaine, membre 491 :

Fondation de deux messes à perpétuité par Mery bloüin et marie Carreau

« Par devant Nicolas Catrin notaire en Lisle et contéé Sainct Laurent et themoingts soubz signé furent present en leurs personnes Mery bloüin habitant du dit contéé paroisse Sainct Jean baptiste et marie Carreau sa femme de luy authorisée pour leffest des presentes lesquelles ont recongneut et confessé recongnoist et confessent avoir fondé en laditte paroisse de Sainct Jean baptiste deux messes annuelles   a perpetuité apres leur dessed par chacun an cest a scavoir la premiere des dittes messes fondée sera celebrée le quatorsiesme (14) jour daoust veille de la somption et la seconde le vingt quatriesme (24) jour de decembre veille de la nativité de nostre seigneur moyennant que ledit Mery bloüin et marie carreau ont paye a la ditte œuvre et fabrique de la ditte esglise la somme de soixante livre pour une fois payer car tel est la vollonté des bloüin et carreau sa femme donnateurs et iceluy accepté par Mr George Cœur de Roy prestre curé de la ditte paroisse de Sainct Jean baptiste les sieurs Jacques Gendron marguillier en charges Charles Allers et Joseph Roger tous marguillier en la ditte œuvre et fabrique de la ditte esglise le dit sieur Cœur deroy acceptant pour son regard comme administrateur des biens de la ditte esglise œuvre et fabrique et les dits sieurs Jacques Gendron Allers et Roger pour eux et leurs successeurs a la ditte charge de marguilliers se sont obligés de faire dire les dittes messes basses tous les ans a perpetuité au jour dits a commencer annuellement et a tous jours selon lintentions des dits bienfaicteurs et acceptations faitte des dits sieurs marguilliers lesquels dits jours seront indiqué au prosne des grande messe paroissialle les dimanches precedent ou pour lors on fera la recommandation generalle des fidelles tres passé en laquelle sera faicte mentions des dits belloüin et carreau sa femme bien faicteurs et pour le repos de leurs ames lorsquils seront dessedé et pour le repos des ames de leurs parens et amis trespassés ayant esté ainsy accordé et determiné entre eux ledit sieur Cœur Deroy et les dits sieurs marguilliers car ainsy promettant & ça obligeant & ça chacun en droicts soy & ça Renonceant & ça faict et passé audit contéé en lestude dudit notaire apres midy le trentiesme jour doctobre mil six cent quatre vingt dix neuf et presence des sieurs Nicola pinguet et sixte Lereau tous deux present et themoins lesquels ont avec les dits belloüin Carreau gendron Allers et Roger desclaré ne scavoir escrire ny signer de ce interpellé suivant l’ordonnance Cadrin nore G Cœur deroy (avec paraphe)»

Emeri et Marie ressentent le poids des ans. Après s’être assurés du partage équitable du bien paternel, ils se sentent prêts pour le grand départ qu’ils effectuent discrètement à 15 ans d’intervalle.

Le 14 juillet 1707, Emeri quitte les siens. Dans les registres de la paroisse Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans (1), une courte information sur la sépulture célébrée la même journée se lit ainsi :
registre_1707

Quant à Marie, elle veillera sur les siens encore une quinzaine d’années avant d’entrer au ciel. Elle aura vu ses enfants s’établir près d’elle et son fils cadet Paul atteindre sa 23e année. Le 10 février 1722, le tic-tac du cœur aimant s’arrête. Le lendemain, tous pleurent la perte de l’être aimé à l’église paroissiale.

Acte de sépulture de Marie Careau : copie aux registres civils et transcription de René Beloin, membre 412

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« Le onze de fev 1722 Je soussigne Curé de la paroisse de St Jean Bapt ay fait la sepulture du corps de Marie Careau voeuve de feu Meri Bloüin dans le cimetière de St Jean Bapt decedée le jour precedent muni de tous les sacremens âgé denviron 70 ans plusieurs ont assiste à cette inhumation … »

Acte de sépulture de Marie Careau : copie aux registres paroissiaux de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans

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En ce qui concerne l’aïeule, nous avons trouvé l’acte conservé aux registres civils ainsi que celui consigné aux registres de la paroisse (1). Nous remarquons que leur voyage ici-bas a été pratiquement de la même durée, soit de 67 ans.

Mais où furent inhumés nos ancêtres Emeri et Marie?

Deux membres de l’Association, Claire Blouin et André Thibault, rencontrèrent en 2014, l’abbé Raymond Létourneau, auteur de plusieurs documents historiques portant sur l’Île d’Orléans. Selon ce dernier, les restes de nos ancêtres auraient bien été inhumés dans le cimetière Saint-Jean dans la partie nord qui se situe juste en face des portes de l’église. Mais depuis de temps, d’autres morts y furent aussi inhumés; on peut réaliser qu’il ne reste plus grand chose des corps de Marie et Emeri. En s’y promenant, peut-être pourrons-nous communiquer avec leur esprit!

En annexe, une photo aérienne du cimetière et de l’église nous dévoile visuellement la proximité de la dernière adresse de nos aïeux et de la façade de l’église (Annexe 1)

Chers aïeux, même si l’Église ne célèbre plus les deux messes basses chaque année, des prières vous accompagnent toujours. Et merci pour votre éternelle protection!


1. Comme les registres de la paroisse Saint-Jean se trouvaient dans un état inutilisable, l’abbé Cyrille Labrecque a entrepris d’en faire une transcription synthèse. Il a tout compilé pour les années 1679 à 1765 et a terminé ce travail le 24 juin 1941. Constatant l’absence de certains actes dans les registres paroissiaux, il a complété avec les données retracées dans les registres civils. Travail remarquable.

Dernière version : 2015-05

Annexe 1 :

Image Google montrant la zone dans le cimetière Saint-Jean de l’Île d’Orléans où furent inhumés Emeri Bellouin en 1707 et Marie Carreau en 1722.

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Selon l’abbé Raymond Létourneau c’est cet endroit qui servait de cimetière à l’époque d’Emeri. On inhumait les corps les uns à la suite des autres. Lorsque l’espace était entièrement occupé, on reproduisait le même procédé. C’est donc dire qu’au fil du temps les corps s’entassèrent. Plus tard, des monuments funéraires vinrent occuper le terrain de façon définitive.