Abbé Jean-Baptiste Blouin

1833-1899

L’abbé Jean-Baptiste Blouin est enseveli dans l’église de Saint-Jean. Le saviez-vous ?

Illustre citoyen originaire de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, Jean-Baptiste est l’aîné des onze enfants de Jean Blouin et Esther Gosselin. Né le 10 novembre 1833, son parrain René Blouin, son grand-père paternel, et Madeleine Coulombe, sa grand-mère maternelle, le conduisent au baptême le lendemain.

Selon les notes recueillies dans les livres de la fabrique, il a été ordonné prêtre le 8 février 1857 dans sa paroisse natale. Sa carrière commence. Il s’implique d’abord dans l’animation religieuse des paroisses suivantes :

-vicaire à Lévis en 1857;

-curé à Rivière-au-Renard de 1858 à 1864;

-curé à Leclercville en 1864 et 1865;

-vicaire à Sillery en 1865 et 1866;

-vicaire à Lévis en 1866 et 1867 ainsi qu’en 1870 et 1871;

-curé de la cathédrale de Rimouski de 1867 à 1869.

Puis il agit à titre de secrétaire de l’évêché de Rimouski en 1869 et 1870.

Nous notons que quelques membres de sa famille ont suivi son séjour à Rivière-au-Renard. Ses frères François-Xavier et Paul épousent les sœurs Coton et s’y établissent, son frère Louis Adelphe épouse Léocadie Bastien, une fille de l’endroit. Et son père y décède en juillet 1864.

De 1871 à 1875, il exerce son ministère à Sainte-Anne-de-Beaupré. À son arrivée, il constate que la paroisse de Sainte-Anne est ce qu’on peut appeler une bonne paroisse… mais il veut améliorer l’instruction des jeunes. Avec ses marguillers, il organise une école dirigée par les Sœurs de la Charité de Québec.  À son bonheur, elles s’installent dès juillet 1871. Ses souhaits se résument ainsi « Nous espérons que la bonne sainte Anne bénira l’œuvre que nous entreprenons. »

Et ce n’est que le début. Quand il explique à son évêque l’état vétuste de l’église, du presbytère et de la sacristie délabrés, l’oreille attentive de Mgr Taschereau reçoit sa requête avec grande considération. Même que le 12 mai 1872, les évêques commandent une quête spéciale pour la construction de l’église. L’entrepreneur Antoine Pampalon débute les grands travaux. Par les archives, nous pouvons affirmer que les plans ont été remaniés plusieurs fois. Qui avait le plus de caractère : l’abbé Blouin ou l’entrepreneur Pampalon ? De fait, les deux négocient tellement bien leur position que le miracle se produit. Ce qui est formidable, c’est le magnifique temple qui attire maintenant une irrésistible foule de pèlerins à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Dès 1871, le Registre des Pèlerins est instauré et il organise des processions avec la relique de Sainte-Anne. Lors de la fête de Sainte Anne du 26 juillet 1873, les pasteurs distribuent la communion de 5h45 à 9h00. Quand il voit tous ces invalides que les parents emportent dans leurs bras, il ressent une émotion indescriptible l’envahir.

Et le quai! L’accessibilité par la plage reste une difficulté majeure. Des pèlerins arrivés de Québec attendent parfois des heures avant d’atteindre le rivage et dans quelles conditions! M. Nazaire Simard, avec un budget restreint, entreprend la construction d’un quai. De l’automne 1873 au printemps 1874, l’ingénieux ouvrier construit un quai sécuritaire et un débarcadère sûr et commode pour les visiteurs.

Ce surmenage a raison de la santé de notre pasteur qui demande un repos à son évêque. Les paroissiens veulent conserver à tout prix leur guide spirituel, mais l’abbé Blouin, épuisé, sentant la détérioration de sa santé, démissionne de ses fonctions. Le maître d’œuvre des travaux, ayant tout mis en place, est toujours considéré comme un des grands bienfaiteurs du pèlerinage. Sa grande dévotion à Sainte Anne, il la vivra jusqu’au dernier soupir.

Pendant quelques années, son supérieur le nomme vicaire de paroisse. À compter de 1883, Sainte-Hélène-de-Kamouraska bénéficie de son animation spirituelle jusqu’à sa retraite dans son alma mater en 1890. Qui de mieux choisi par le curé André Pelletier pour bénir la statue de Saint-Jean-Baptiste aux Vêpres de 1884 ? Grâce aux prêches de l’abbé Jean-Baptiste, « L’Église est encombrée de monde, … Le tout fait une fête splendide pour la paroisse qui la goûte beaucoup… », selon les mots du curé Pelletier de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans.

Son rôle de pasteur, il l’exerce aussi dans sa famille. Il préside les funérailles de son père le 27 juillet 1864 et celles de sa mère le 30 juin 1893. Au nombre de confrères qui accompagnent notre abbé Jean-Baptiste lors de ces célébrations, le maître cordonnier et son épouse baignent dans les prières éternelles. Il célèbre également le mariage de son frère Hubert à Anna Lachance le 10 janvier 1865 ainsi que celui de sa sœur Éléonore le 24 janvier 1882 à Joseph Dugal.

Il veille sur nous sous le chœur

Le 5 octobre 1899, âgé de 66 ans, son cœur s’éteint. Et le 10 octobre, l’église de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans accueille parents, paroissiens et amis pour un dernier hommage à ce noble fils, fierté de la famille et de toute la communauté. Reposant en paix sous le chœur du côté de l’épître, il nous assure sa bienveillante protection.

Retenons que sa santé fragile ne l’a jamais empêché de s’impliquer dans des projets plus grands que nature et que, grâce à sa protectrice, la bonne Sainte Anne, il a réussi. Comme le dit si bien le Père Baillargeon dans la revue Sainte Anne, l’abbé Jean-Baptiste Blouin « sait lire les signes des temps ».

Nous connaissons maintenant mieux

Jean-Baptiste (6e) à Jean & Esther (5e) à René & Geneviève (4e) à René & Marie-Josephte (3e) à Gabriel & Catherine (2e) à Emeri & Marie (1re)

Références :

1-     Un visage de l’Île d’Orléans Saint-Jean, Raymond Létourneau, 1979, pages 101 et 356.

2-     La revue Sainte Anne, septembre 2014, article du Père Samuel Baillargeon, pages 16 et 17.

René Beloin no 412